Une révolution qui a fait renaître Ferrari.

Conçue par Mauro Forghieri, la Ferrari 312T est la monoplace engagée par la Scuderia dans le Championnat du monde de Formule 1 en 1975. À l'époque, l'écurie italienne sortait de deux saisons relativement difficiles mais cette monoplace, marquant une révolution dans l'historique de la marque en catégorie reine, allait replacer le Cheval Cabré de manière pérenne sur le devant de la scène.

Cette renaissance, si l'on peut pousser le terme jusque-là, fut en partie le fruit d'une réorganisation structurelle avec notamment la réintégration de Forghieri au poste de designer en chef et le recrutement de Luca di Montezemolo en qualité de team manager.

Pour concevoir cette 312T, Forghieri s'était inspiré de ce que Tyrrell et March avaient fait auparavant, tout en cherchant à rendre l'ensemble encore plus compact autour d'un châssis mixte fait de panneaux d'aluminium et d'une structure en tubes d'acier. Son objectif était d'avoir une voiture maniable et plus agile que ses devancières dans les virages. Ainsi, la suspension avant avait été complètement redessinée. L'avant de la monocoque était plus petit et l'aileron avant en aluminium simplement attaché au sommet du nez.

Sur le plan aérodynamique, la monoplace présentait des nouveautés pour améliorer la circulation du flux d'air, principalement à l'arrière avec des éléments incurvés pour contourner les pneus arrière alors très larges.

Cependant, la plus grosse innovation de ce modèle n'était pas visible au premier abord : il s'agissait de la boîte de vitesses transversale à cinq rapports, permettant une bien meilleure répartition des masses. La 312T était propulsée par le bloc Ferrari 015 : un V12 à 180° avec 12 cylindres à plat, capable de produire 500 chevaux à 12'500 tr/min. Ce moteur était une évolution de celui développé l'année précédente pour la 312B3.

Galerie: Ferrari 312T (1975)

Lors de la saison 1975, cette nouvelle monoplace fut confiée à Niki Lauda et Clay Regazzoni. Malgré des essais intensifs menés à Fiorano, elle ne fut pas jugée suffisamment prête pour les deux premiers Grands Prix, disputés avec la F1 de 1974. Ce n'est qu'en Afrique du Sud qu'elle fit des débuts, assez timides au demeurant.

Mais par la suite, Niki Lauda commença à engranger les succès, au nombre de cinq dont trois consécutifs. Son coéquipier Clay Regazzoni en décrocha un. Sur l'ensemble de la saison, le pilote autrichien signa pas moins de 10 pole positions à son volant. Elle devint ainsi l'arme fatale de son premier titre mondial sous les couleurs de Ferrari.

À l'issue de cette saison couronnée de succès, la 312T ne fut pas immédiatement envoyée à la retraite. Si elle fut à l'origine d'une lignée de monoplaces victorieuses, elle eut droit à son baroud d'honneur au début de l'année 1976 en étant alignée par la Scuderia sur les trois premiers Grands Prix. Elle n'était pas dépassée pour autant, et cela a suffit pour que Niki Lauda décroche deux succès supplémentaires et pour que Clay Regazzoni en offre un dernier à ce modèle avant qu'il ne laisse place à la 312T2.