Le deux écuries italiennes se sont affrontées sur plusieurs décennies.

Alfa Romeo a connu les joies de la victoire et l'’amertume de la défaite en Formule 1, dans une histoire oscillant entre grandeur et quasi anonymat. Retour sur son parcours de constructeur et de motoriste en catégorie reine. 

Constructeur créé en 1910 à Milan, Alfa Romeo s'implique en sport automobile et connaît le succès dès 1920. La firme, au sein de laquelle pilote un certain Enzo Ferrari, récolte des succès notables au cours des années 1920 et 1930, que ce soit en tant que structure officielle ou sous l'égide de la Scuderia Ferrari, en engageant des pilotes légendaires de l'entre-deux-guerres tels que Tazio Nuvolari et Rudolf Caracciola. 

Dès la création du Championnat du monde de Formule 1, Alfa Romeo s'impose avec brio, avec un trio de pilotes impressionnant pour l'époque, les "Trois F " : Luigi Fagioli, Juan Manuel Fangio et Giuseppe Farina. Ce dernier remporte d'ailleurs le tout premier Grand Prix de la discipline de sur le tracé de Silverstone, le 13 mai 1950, aux commandes de son Alfa Romeo 158.  

Galerie: Alfa Romeo 158

La marque italienne remporte toutes les courses de la saison (à l'exception des 500 Miles d'Indianapolis, figurant au calendrier F1 mais n’adoptant pas la même réglementation technique) et permet à Farina de coiffer la couronne, la première de l'Histoire. En 1951, la Tipo 159 propulse Fangio vers le premier de ses cinq titres mondiaux. Pour 1952, la réglementation technique change et Alfa Romeo en profite pour se retirer de la F1 et se concentrer sur les courses d'endurance

Au milieu des années 1960, Alfa faire revient en Formule 1 en tant que motoriste. Son petit bloc quatre cylindres en ligne de 1500 cm3 propulse les LDS, Alfa Special, Cooper et De Tomaso. Puis, au début des années 1970, Alfa fabrique son V8 T33, répondant à la nouvelle règlementation des moteurs trois litres et propulsant des McLaren en 1970 et des March en 1971. 

Alfa Romeo effectue un autre retour en catégorie reine en 1976, après avoir trouvé un accord avec Bernie Ecclestone, alors à la tête de Brabham, pour que ses voitures soient propulsées par un large V12 ouvert à 180 degrés. Ce douze cylindres s'avère être fragile comme du cristal et très glouton en carburant. Niki Lauda le fait triompher à deux reprises en 1978 : en Suède (aux commandes de la fameuse Brabham BT46B dotée d'une turbine géante à l’arrière) et en Italie (suite à une pénalité infligée aux deux premiers, Mario Andretti et Gilles Villeneuve, pour avoir volé le départ). 

Afin de permettre au concepteur, Gordon Murray, de dessiner une voiture à effet de sol pour la saison 1979, Carlo Chiti, le motoriste en chef d'Alfa, imagine en très peu de temps un V12 à angle étroit. Mais ce moteur n'est toujours pas fiable. Dès la fin de l'année, Ecclestone passe un accord pour utiliser le Ford Cosworth DFV qui règne sur la discipline. 

Alfa Romeo décide alors de redevenir un constructeur à part entière en F1 et produit la Tipo 177 aux formes rondouillardes, puis la T179 pilotée par Bruno Giacomelli et Vittorio Brambilla. En 1980, la T179 progresse réellement, surtout grâce à la présence de Patrick Depailler, bon metteur au point. Malheureusement, le Français se tue à son volant le 1er août 1980 lors d'essais privés sur le circuit de Hockenheim, en Allemagne.

En toute fin de saison, Giacomelli signe la pole position du Grand Prix des États-Unis, à Watkins Glen. Il doit toutefois abandonner, un peu comme d’habitude, car la fiabilité fait toujours défaut. En 1981, Mario Andretti et Giacomelli sont aux commandes de la 179 en versions B, C et D. Giacomelli parvient à terminer sur le podium lors de la course de Las Vegas, ce qui relève de l'exploit. 

Alfa Romeo entre ensuite dans l'ère turbo en 1983 avec sa 183T à moteur V8. Andrea de Cesaris termine deuxième à deux reprises et l'écurie italienne se classe au sixième rang du championnat Constructeurs. La seconde aventure d'Alfa Romeo en tant que constructeur se termine sans gloire, en 1985, avec une 185T dépassée, peu performante et trop fragile. 

Galerie: Alfa Romeo 184T et 184TB (1984-1985)

Entre 1984 et 1988, dans une période correspondant au rachat de l'entreprise par le groupe Fiat, Alfa Romeo propulse la minuscule écurie Osella. Les pilotes se succèdent, sans grand résultat. Il reste si peu de moteurs utilisables que les pilotes sont interdits de roulage durant les essais pour économiser les quelques blocs encore en bonne santé !

En 1988, Alfa Romeo a tellement honte de ce fiasco qu'elle exige que son nom soit rayé des couvercles de soupape des moteurs ! Ainsi, officiellement, l'Osella FA1L de Nicola Larini est équipée d'un moteur... Osella. Au soir du Grand Prix du Japon 1988, Alfa Romeo disparaît du paysage F1. 

Sous l'impulsion de Sergio Marchionne, alors président de Ferrari, Alfa fait un retour symbolique en voyant son logo apposé sur le capot moteur des Ferrari, de 2015 à 2018. Puis, la marque au Biscione s'allie à Sauber par le biais d'un partenariat technique et commercial. Cela se traduit d'abord par une présence en tant que sponsor titre, avant que l'alliance n'aille plus loin.

En 2019, l'écurie suisse devient officiellement "Alfa Romeo Racing". Toutefois, il ne s'agit pas d'une structure d'usine à part entière puisque Sauber continue de gérer les opérations piste. Malgré l'arrivée de Kimi Räikkönen, Champion du monde 2007, l’équipe réalise une première saison modeste. L'année 2020 sera du même acabit, Räikkönen et son équipier Antonio Giovinazzi n'inscrivant que huit points.

Alfa Romeo C39

Palmarès

Durant toutes les années passées en Formule 1, Alfa Romeo a remporté un total de 10 victoires, signé 12 pole positions et offert le titre à Giuseppe Farina et Juan Manuel Fangio. L'écurie n'a jamais glané de récompense en tant que constructeur, tout simplement parce que ce championnat ne fut créé qu'à partir de 1958.

148 Grands Prix

10 victoires

12 pole positions

14 meilleurs tours en course

26 podiums

115 points

2 championnats Pilotes