La F2004 est une monoplace conçue par la Scuderia Ferrari et sous la direction de Ross Brawn pour participer au Championnat du monde de Formule 1 en 2004. Elle était propulsée, comme de coutume depuis 1996, par un moteur V10 à 90° de 3 litres de cylindrée, avec la fiabilité pour priorité, le règlement 2004 obligeant l'utilisation d'un seul moteur par week-end de Grand Prix. 

Les principes qui ont guidé la conception de la F2004 sont les mêmes qui ont été éprouvés trois ans plus tôt sur la F2001. Le succès impressionnant, un an plus tard, de la F2002 finira de convaincre la Scuderia du bien-fondé de sa philosophie de design. Enfin, la collaboration très étroite avec Bridgestone, manufacturier japonais de pneus, fera de Ferrari, une fois encore, l'équipe à battre à l'orée de 2004.  

Confiée au duo Michael Schumacher-Rubens Barrichello, la F2004 est d'emblée une monoplace extrêmement rapide et fiable : l'Allemand explose le record du tour à Imola lors des essais hivernaux, jetant un froid parmi la concurrence en reléguant David Coulthard sur McLaren à plus d'une seconde. 

Les craintes des adversaires de la Scuderia se matérialisent dès le premier Grand Prix, en Australie : Schumacher signe la pole position devant son équipier brésilien et le duo offre à Ferrari son premier doublé de la saison. Le Baron Rouge remporte les cinq premiers Grands Prix de la campagne 2004.  

Après un abandon à Monaco, la marche en avant du duo Schumacher-F2004 reprend de plus belle au Grand Prix d'Europe au Nürburgring lors d'un week-end dominé de la tête et des épaules par l'Allemand. La démonstration de force de la Scuderia atteint son summum au Grand Prix de France : Ross Brawn établit une stratégie à quatre arrêts aux stands, chose impensable en temps normal, afin de contrecarrer les plans de Fernando Alonso sur Renault. La F2004 est si performante que Schumi termine le Grand Prix en tête avec huit secondes d'avance sur l'Asturien malgré ce passage supplémentaire par les stands.

Galerie: Ferrari F2004 (2004)

Schumacher remporte son septième et dernier titre mondial en Belgique, quatre Grands Prix avant la fin du championnat. La Scuderia, quant à elle, s'adjuge le titre constructeurs pour la sixième fois d'affilée en remportant 15 Grands Prix sur 18 cette saison-là.  

Si la saison 2004 se termine après le Grand Prix du Brésil, la carrière de la F2004 se prolonge l'année suivante : alors baptisée F2004M, elle participe aux deux premiers Grands Prix de la saison 2005. Simple modification de la F2004 pour se plier au nouveau règlement en attendant l'arrivée de la F2005, elle signera un dernier podium en Australie aux mains de Rubens Barrichello. 

Alliance presque parfaite de puissance, de fiabilité et d'efficacité aérodynamique, la F2004, aux mains virtuoses de Michael Schumacher, a écrasé le Championnat du monde comme peu de monoplaces ont su le faire par le passé.