Retour sur la carrière de Sebastian Vettel en rouge.

Quand il est arrivé en Formule 1, Sebastian Vettel était surnommé Baby Schumi. L'Allemand s'est finalement fait son propre nom avec quatre Championnats du monde remportés, 57 pole positions et 53 victoires. En revanche, un ultime accomplissement lui aura glissé entre les doigts : un titre au volant d'une Ferrari.

Sebastian Vettel est un pur produit du Red Bull Junior Team. C'est sous l'aile de la marque au taureau que l'Allemand remporte le titre de Formule BMW ADAC en 2004, est vice-Champion de F3 Euro Series en 2006, puis devient le plus jeune pilote de Formule 1 à marquer des points en 2007 et à remporter un Grand Prix en 2008 – deux records ensuite détenus par un certain Max Verstappen. En revanche, Vettel demeurera le plus jeune Champion du monde de l'Histoire, sacré à 23 ans, 4 mois et 11 jours en 2010 – la première de quatre couronnes consécutives avec Red Bull.

2015

Cependant, Red Bull et Renault négocient mal le passage à l'ère hybride, Vettel est même dominé par son jeune coéquipier Daniel Ricciardo ; il ne tarde pas à signer chez Ferrari pour la saison 2015. Mercedes reste alors intouchable mais Vettel s'impose dès son deuxième Grand Prix en rouge, en Malaisie, grâce à une stratégie à deux arrêts parfaitement exécutée face aux trois pitstops des Mercedes.

Le nouveau pilote de la Scuderia est un modèle de constance – hormis deux abandons, il finit toutes les courses dans le top 5 – mais aussi de performance : il triomphe de nouveau au Hungaroring et à Singapour et domine outrageusement son coéquipier Kimi Räikkönen, avec 278 points à 150 et 13 podiums à trois. Troisième du championnat, il peut difficilement espérer mieux.

Sebastian Vettel

2016

En 2016, Vettel voit Räikkönen se rapprocher et Ferrari être surpassée par Red Bull, tandis que Mercedes continue de caracoler en tête du peloton. C'est une saison sans victoire pour le Cheval Cabré mais Vettel monte quand même sur le podium à sept reprises, contre quatre pour son partenaire. Il mène longtemps la course en Australie, remonte à la deuxième place en Chine après un accrochage au premier virage, donne du fil à retordre à Lewis Hamilton au Canada et échoue à moins d'une seconde de la victoire lors d'un Grand Prix d'Abu Dhabi où le leader Hamilton tente tout pour ralentir son rival pour le titre Nico Rosberg.

Sebastian Vettel

2017

Vettel n'est que quatrième du classement général, mais la nouvelle réglementation technique de 2017, avec des monoplaces plus larges et développant davantage d'appui, va donner à la Scuderia l'opportunité de redresser la barre. Dès la première course de la saison, à Melbourne, Vettel remporte son duel face à un Hamilton retardé par la Red Bull de Max Verstappen après son arrêt.

Lors des six premiers Grands Prix, le pilote Ferrari signe trois victoires et autant de deuxièmes places, s'imposant notamment à Monaco grâce à une stratégie favorable par rapport à son coéquipier Räikkönen. À ce stade de la saison, il jouit déjà de 25 points d'avance sur Hamilton, 54 sur Bottas et 62 sur Räikkönen. Les épreuves suivantes sont plus difficiles, et Vettel voit Hamilton revenir sur ses talons, mais une victoire en Hongrie lui permet d'aborder la trêve estivale avec 14 longueurs de marge sur son rival.

Sebastian Vettel

Or, le reste de l'année est une catastrophe. Hamilton s'impose en Belgique et en Italie quand Vettel doit se contenter d'un podium, voyant son adversaire lui prendre la tête du championnat. Puis, à Singapour, alors que l'Allemand est en pole position et que les Mercedes sont inhabituellement reléguées en troisième ligne, les Ferrari s'accrochent avec la Red Bull de Max Verstappen avant même le premier virage et Hamilton inflige à son concurrent un 25-0 crucial dans la course au titre.

Vettel ne fait pas mieux que quatrième en Malaisie et est contraint à l'abandon par une bougie défaillante à Suzuka ; en l'espace de trois courses, Ferrari et lui ont laissé filer 56 points sur Hamilton et pratiquement tout espoir de titre. Un accrochage avec Hamilton, qui crève, au Mexique, et une victoire solide au Grand Prix du Brésil n'y changeront rien : Vettel échoue à 46 longueurs au classement final.

2018

La saison 2018, elle aussi, commence sous les meilleurs auspices. Vettel voit la voiture de sécurité lui offrir la victoire sur un plateau à Melbourne avant de s'imposer à la régulière à Bahreïn. Lors du Grand Prix suivant, en Chine, le pilote Ferrari mène le début de course avant de subir l'undercut effectué par Valtteri Bottas et d'être percuté à l'épingle par Max Verstappen ; il ne marque que les quatre points de la huitième place.

Par la suite, la tête du championnat change de mains à plusieurs reprises entre Vettel et Hamilton : ce dernier triomphe à Bakou, à Barcelone au Paul Ricard, à Hockenheim et au Hungaroring, mais subit un coûteux abandon sur problème mécanique. Vettel, lui, est vainqueur au Canada et en Grande-Bretagne, où il vainc Bottas grâce à un beau dépassement. En revanche, l'Allemagne est un tournant : large leader, il sort de la piste dans le stadium alors que la pluie commence à tomber. Au lieu de quitter Hockenheim avec une avance d'au moins 15 points sur Hamilton, il accuse un déficit de 17 unités. C'est là qu'a basculé leur duel.

Sebastian Vettel

La victoire au Grand Prix de Belgique est la dernière lueur d'espoir pour Vettel, qui multiplie les erreurs par la suite : au coude-à-coude avec Hamilton puis Verstappen, il commet des tête-à-queue coûteux à Monza, à Suzuka et à Austin. Pendant ce temps, Hamilton enchaîne quatre victoires et neuf podiums d'affilée ; au soir du Grand Prix des États-Unis, Vettel est à 70 longueurs du leader. Il conclut la saison avec 88 points de retard sur Hamilton.

2019

Räikkönen, lui, ne donne pas satisfaction et est remplacé par le prometteur Charles Leclerc pour 2019. Le Monégasque de 22 ans, sans complexes, donne du fil à retordre à son chef de file ; c'est bien lui qui joue la victoire à Bahreïn avant d'être trahi par son moteur, quand Vettel part en tête-à-queue.

Mais bien que dominatrice lors des essais hivernaux, la Ferrari SF90 n'est en réalité pas au niveau de la Mercedes W10 et ne remporte pas la moindre victoire avant la trêve estivale… du moins officiellement, car en piste, c'est bien Vettel qui franchit la ligne d'arrivée en premier à Montréal, avant d'être pénalisé de cinq secondes pour avoir tassé Hamilton hors de la piste.

Sebastian Vettel
Sebastian Vettel

Auteur de six podiums contre cinq pour Leclerc, Vettel est déjà à 94 points de Hamilton au moment de la trêve estivale – un gouffre ! – et la situation ne s'arrange pas. Car à la rentrée des classes, c'est Leclerc qui remporte les deux premières victoires de la saison pour Ferrari, d'abord à Spa-Francorchamps, puis à Monza devant les Tifosi, qui ont trouvé leur nouveau chouchou. Le Monégasque prend ainsi l'avantage sur Vettel au championnat et ne le lâchera plus, malgré le succès de l'Allemand à Singapour.

D'autant que dans le même temps, Vettel – qui s'est déjà accroché avec Verstappen à Silverstone – part encore une fois à la faute à Monza, avec de surcroît un retour en piste dangereux. Le vétéran enregistre quatre zéros pointés sur les huit derniers Grands Prix, victime de défaillances mécaniques en Russie et aux États-Unis, tandis qu'à Interlagos, les Ferrari s'accrochent de manière à la fois infime et spectaculaire, toutes deux contraintes à l'abandon.

2020

Vettel conclut ainsi la saison 2019 au cinquième rang, à 24 points de Leclerc. Reste à savoir quel est son avenir au sein de la Scuderia, avec laquelle il a déjà remporté 14 victoires. Alors que le début de campagne 2020 est retardé par la pandémie de Covid-19, les deux parties ne trouvent pas d'accord pour renouveler leur association en 2021 et Vettel est remplacé par Carlos Sainz. Une annonce qui surprend le paddock, se mettant à spéculer sur le futur de l'Allemand : nouveau défi, année sabbatique, retraite ? Finalement, Vettel trouve refuge chez Racing Point, à la place de Sergio Pérez.

Sebastian Vettel

Sebastian Vettel et Ferrari, ce fut 14 victoires, 55 podiums, énormément de joies pour les tifosis mais aussi énormément de regrets. Ayant porté pendant six saisons les couleurs du casque utilisé par Michael Schumacher en karting, Vettel n'aura pas été en mesure d'émuler son compatriote en offrant une couronne mondiale à la Scuderia.

Les statistiques de Vettel chez Ferrari

118 Grands Prix

14 victoires

12 pole positions

55 podiums

14 meilleurs tours en course

1400 points

12 points/Grand Prix

13 abandons