Dans un monde parallèle, Jules Bianchi serait pilote Ferrari à l'heure qu'il est. Le Français, qui a tragiquement perdu la vie en Grand Prix, était l'un des plus grands espoirs de la Scuderia.

En 2021, la Ferrari Driver Academy est l'un des principaux programmes de jeunes pilotes en Formule 1, composé de huit membres et ayant mené quatre têtes blondes à la catégorie reine du sport automobile : Charles Leclerc, Lance Stroll, Sergio Pérez… et Jules Bianchi, qui a été le tout premier athlète affilié à la FDA.

Né le 3 août 1989 à Nice et parrain sportif de Charles Leclerc, Bianchi impressionne la Scuderia par ses premières performances en formules de promotion : il est sacré dans le championnat français de Formule Renault 2.0 en 2007 puis en F3 Euro Series en 2009, ce qui lui vaut un premier test au volant de la Ferrari F60 dès la fin de cette année-là.

Pierre angulaire de la nouvelle Ferrari Driver Academy, Bianchi poursuit son ascension des formules de promotion. Pilote rapide et parfois rugueux en piste, il obtient deux troisièmes places puis un titre de vice-Champion dans les deux antichambres de la Formule 1, le GP2 Series et la Formule Renault 3.5. En parallèle, il multiplie les tests en F1 avec Ferrari mais aussi Force India, jusqu'à ses débuts dans l'élite avec Marussia en 2013.

Jules Bianchi

Au volant de cette monoplace peu véloce, Bianchi s'illustre, notamment face à son coéquipier Max Chilton : ce dernier ne prend l'avantage que deux fois en dix-neuf séances qualificatives. Le Français n'est également battu qu'à deux reprises en course sur les seize épreuves où les deux pilotes sont à l'arrivée.

Bianchi reste chez Marussia pour la saison 2014 et continue sur cette lancée, avec une prestation d'exception à Monaco. Dans les étroites rues de la Principauté, Bianchi devance son coéquipier de six dixièmes en qualifications, puis profite des incidents qui se produisent devant lui en course et se fait remarquer par un dépassement au chausse-pied sur la Caterham de Kamui Kobayashi à La Rascasse. Sous le drapeau à damier, le Varois est huitième, et s'il rétrograde d'une place à cause d'une pénalité de cinq secondes, il offre tout de même à sa modeste écurie les deux seuls points de son Histoire.

Jules Bianchi

Les performances de Bianchi ne passent pas inaperçues, et le jour du Grand Prix du Japon, il trouve un accord avec Sauber, équipe motorisée par Ferrari, pour la saison 2015. La Scuderia lui renouvelle son soutien et compte sur lui pour l'avenir. Or, quelques heures plus tard a lieu la course à Suzuka malgré la présence du typhon Phanfone.

Sous de fortes pluies, et malgré les drapeaux jaunes agités, Jules Bianchi perd le contrôle de sa monoplace et sort de la piste au même endroit qu'Adrian Sutil au tour précédent ; il percute de plein fouet la dépanneuse venue évacuer la Sauber. Grièvement blessé à la tête, il décédera de ses blessures neuf mois plus tard. Le sport automobile tricolore est alors en deuil, malheureusement pas pour la dernière fois.

L'héritage du Français perdure via l'Association Jules Bianchi #17, qui a pour but d'honorer sa mémoire et de collaborer avec l'unité de soins où a été hospitalisé le pilote pendant de longs mois. Arrivé en catégorie reine quelques années plus tard, Charles Leclerc a réalisé le rêve de son parrain en 2019 : devenir vainqueur en Grand Prix au volant d'un bolide rouge...