Les performances de la Ferrari 156 lui ont permis d'écraser la concurrence au début des années 1960. Et son nez en pointe rappelant celui d'un requin, d'où son surnom "sharknose", a donné à cette monoplace le statut d'icône de la Formule 1.

Au début des années 1960, la discipline prépare une nouvelle réglementation qui doit réduire la capacité des moteurs à 1,5 litre. Et la surprise est de taille chez les constructeurs britanniques, dominant la Formule 1, lorsque ceux-ci découvrent la nouvelle arme de Ferrari. Tout comme en 1952, le Cheval Cabré est le mieux préparé et sa domination est outrageuse.

Nom de code : 156 (1,5 litre et 6 cylindres). Monoplace imaginée par Carlo Chiti, il s'agit de l'une des premières Ferrari munie d'un moteur central arrière. Celui-ci est tiré de la lignée des moteurs Dino V6 mais il est amélioré pour obtenir une cylindrée maximale de 1476 cm3.

La puissance est l'atout majeur de cette monoplace, la 156 excelle sur les circuits rapides. Sur la piste de Spa-Francorchamps, théâtre du Grand Prix de Belgique 1961, Ferrari signe un quadruplé historique. Phil Hill l'emporte devant Wolfgang von Trips, Richie Ginther et Olivier Gendebien. Un tour de force qui ne sera jamais reproduit en F1.

À Reims, autre circuit super rapide, et malgré un moteur moins puissant que ses équipiers, Giancarlo Baghetti triomphe pour son premier Grand Prix. Si l'on exclut la victoire de Nino Farina lors de la toute première course comptant pour le Championnat du monde, la performance de Baghetti reste inégalée à ce jour.

Ferrari 156

La Ferrari 156 surclasse également ses adversaires sur des circuits plus lents et plus techniques. À Aintree, en Grande-Bretagne, la Scuderia monopolise les trois premières positions et s'assure du titre chez les constructeurs, son premier en catégorie reine.

En revanche, la couronne des pilotes demeure en jeu jusqu'au bout de la saison 1961, Phil Hill et Wolfgang von Trips pouvant l'emporter. Mais le destin scelle tragiquement l'issue du championnat à Monza, sur les terres de la Scuderia.

Dans le deuxième tour, von Trips s'accroche avec Jim Clark et fonce dans le public, regroupé au bord du circuit. Le pilote allemand et 15 spectateurs y laissent leur vie. Malgré cet accident meurtrier, la course n'est pas arrêtée. Phil Hill remporte l'épreuve et le titre mondial d'une bien triste manière.

Malgré son écrasante domination en 1961, la Ferrari 156 est éclipsée par ses adversaires dès la saison suivante. La raison : une brouille entre le Commendatore Enzo Ferrari et ses hommes sur le rôle, trop envahissant selon eux, de Laura Ferrari au sein de l'entreprise.

Ainsi, Romolo Tavoni et Carlo Chiti claquent la porte fin 1961 ! Ce remue-ménage hivernal perturbe le développement de la 156 et les rivaux britanniques se frottent les mains. Les équipes Lotus et BRM remportent la majorité des Grands Prix en 1962 et ne laissent que des miettes. Sur toute la saison, la Scuderia ne signe que trois podiums.

Galerie: Ferrari 156 'Sharknose' (1961)

Palmarès

16 Grands Prix

6 pole positions

5 meilleurs tours en course

18 podiums

5 victoires

1 championnat pilote

1 championnat constructeur

Fiche technique

Châssis Structure tubulaire, panneaux en aluminium
Suspensions (avant et arrière) Doubles triangles, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques, barre antiroulis
Moteur 1476 cm3, 190 ch à 9500 tr/min
Configuration du moteur V6 à 65° puis à 120°
Boîte de vitesses Manuelle 5 rapports + marche arrière
Réservoir Deux réservoirs de 75 litres
Système de freinage Disques ventilés montés "inboard" à l'arrière

Dimensions

Longueur 4060 mm
Largeur 1400 mm
Hauteur 1000 mm
Empattement 2320 mm
Voie avant 1200 mm
Voie arrière 1200 mm
Poids 420 kg