Ferrari a connu une montagne russe d'émotions lors du Grand Prix du Portugal 1989 de Formule 1.

Afin de célébrer le retour du Portugal au calendrier, FerrariChat vous propose de revivre l'édition 1989 de ce Grand Prix de Formule 1. Une course douce-amère pour la Scuderia Ferrari... Instant nostalgie !

Nous sommes le dimanche 24 septembre 1989 sur le circuit d'Estoril, au Portugal. Cette saison-là, Ferrari peine à signer de bons résultats malgré avoir introduit la transmission semi-automatique qui va révolutionner la Formule 1.

Il faut dire que si cette boîte de vitesses est révolutionnaire, sa fiabilité reste à prouver. Depuis le début de l'année, la nouvelle recrue Nigel Mansell a abandonné à cinq reprises sur problème de boîte. Le constat est pire pour son équipier Gerhard Berger. L'Autrichien n'a vu le drapeau à damier que pour la première fois de la saison à Monza, au bout du douzième Grand Prix !

À Estoril, treizième manche de la saison 1989, la Scuderia espère signer un bon résultat afin de dépasser Williams, deuxième du championnat constructeurs. Au départ, Berger profite de son avantage sur ses adversaires à transmission manuelle pour prendre la tête du classement. Très vite, l'Autrichien creuse l'écart sur son dauphin Mansell, un temps bloqué derrière Ayrton Senna.

Ferrari 640, Portugal 1989

Mansell bénéficie ensuite des embouteillages causés par les retardataires pour revenir sur les talons de Berger. Le Britannique porte une attaque au 24e tour qui ne sera pas contrée. Les positions s'inversent chez Ferrari. 

Mais sur le sinueux circuit portugais, les pneumatiques ne tiennent pas la distance. Berger est le premier à rentrer au stand, peu avant la mi-course. Quelques minutes plus tard, Mansell l'imite mais l'arrêt tourne à la catastrophe. Le Britannique arrive tellement vite dans les stands qu'il en rate son emplacement ! Arrêté cinq mètres trop loin, Mansell enclanche instinctivement la marche arrière. Une manœuvre formellement interdite par le règlement qui cause la disqualification de Mansell...

Mais entre cet arrêt raté et la décision de la direction de course, plusieurs minutes se sont écoulées. Le pilote Ferrari est donc toujours en piste lorsqu'on lui présente le drapeau noir. Trop concentré sur la McLaren de Senna devant lui, Mansell ne ralentit pas.

Ferrari 640, Portugal 1989

Un tour passe, puis un deuxième, puis un troisième... Mansell continue d'accélérer jusqu'à ce qu'une nouvelle catastrophe se produise. Au 49e passage, alors que Mansell est censé être hors-course depuis le tour 46, il porte une attaque désespérée sur Senna. Les deux pilotes s'accrochent et abandonnent !

Ce drôle d'incident fait les affaires de Berger. L'Autrichien n'a plus qu'à garder ses roues dans les limites du circuit d'Estoril pour aller chercher la victoire, sa première depuis le Grand Prix d'Italie 1988. Sur le podium, il est accompagné d'Alain Prost et de l'étonnant Stefan Johansson sur Onyx.

Au sein du paddock, la bourde de Mansell a des conséquences désastreuses. Senna et son patron Ron Dennis fulminent, le président de l'ancienne Fédération Internationale du Sport Automobile Jean-Marie Balestre inflige au pilote Ferrari 50 000 dollars d'amende. Pire encore, Mansell est exclu de la prochaine course, en Espagne. Une décision très dure à encaisser pour le Britannique et pour la Scuderia au terme d'une journée riche en émotions !