Il y a 65 ans, Juan Manuel Fangio faisait triompher la Maserati 300S lors du Grand Prix du Venezuela.

Cette semaine, Maserati soufflait les 65 bougies d'un gâteau d'anniversaire un peu spécial. En novembre 1955, la Maserati Tipo 300S pilotée par Juan Manuel Fangio remportait la deuxième édition du Grand Prix du Venezuela réservé aux voitures de sport.

Une victoire qui marqua le début de deux années fructueuses pour le Trident en sport automobile, ses dernières en qualité d'équipe de course officielle avant le nouveau millénaire.

Au début des années 1950, les petites mais redoutables Maserati A6GCS et A6GCM connaissaient quelques succès en sport automobile, sans être en mesure de rivaliser avec les puissantes Ferrari. Lorsque les règles de la Formule 1 ont évolué vers une plus grosse motorisation, en 1954, Maserati a su répondre très vite en produisant la célèbre 250F. Et c'est le moteur de cette monoplace qui sera le fer de lance du Trident.

Pour le Championnat du monde des voitures de sport, la capacité de ce 6 cylindres en ligne est modifiée pour s'approcher le plus possible des 3 litres. Plus puissant et plus performant, le moteur subit également moins de contraintes en raison d'un taux de compression plus faible.

Nommé Tipo 300S, le châssis de la voiture est un ingénieux treillis de tubes ovales et ronds recouvert d'une carrosserie signée Fantuzzi. La fiabilité du moteur et la parfaite maniabilité du châssis étaient les atouts principaux de la 300S, lui permettant d'obtenir quelques succès dès sa première année d'activité, en 1955.

Maserati 300S

À la fin de la saison 1955, dans le cadre d'une épreuve hors championnat au Venezuela, Maserati frappe fort. Aux mains de Juan Manuel Fangio, la 300S s'impose devant les Ferrari 750 Monza officielles. Seule la Ferrari d'Alfonso de Portago est parvenue à rester dans le même tour du vainqueur.

La voiture italienne montre tout son potentiel en piste l'année suivante, en 1956. Stirling Moss et Carlos Menditeguy remportent les 1000 km de Buenos Aires, Piero Taruffi gagne le Giro di Sicilia et la Targa Florio dans sa catégorie, Jean Behra s'impose lors des courses sur le circuit de Bari et Castelfusano et Franco Bordini termine en tête des 5 Heures de Messine.

Mais le succès le plus important de la carrière de la 300S en course intervient en Allemagne, à l'occasion des 1000 km du Nürburgring. Au volant, Moss, Behra, Taruffi et Harry Schell gagnent la course et permettent à Maserati de se classer deuxième du Championnat du monde à l'issue de la saison 1956.

Les efforts fournis par Maserati pour revenir au premier plan en sport automobile sont récompensés d'un titre mondial, en 1957. En Formule 1, Juan Manuel Fangio et sa 250F remportent le titre de Champion du monde avec une aisance insolente.

Au terme de cette saison riche en victoires, le constructeur italien se retire officiellement de la compétition automobile et ne fera son retour qu'au début des années 2000.

Maserati 300S : Fiche technique

Châssis Structure multitubulaire en treillis 
Suspension avant Double triangles, amortisseurs hydrauliques, ressorts hélicoïdaux et barre antiroulis
Suspension arrière

Essieu De Dion, lames de ressort semi elliptiques transversales, amortisseurs hydrauliques

Moteur 2993 cm3, 245 ch à 6200 tr/min
Configuration du moteur 6 cylindres en ligne
Boîte de vitesses ZF, manuelle 4 rapports + marche arrière
Réservoir 150 litres
Système de freinage Freins à tambour à commande hydraulique

Maserati 300S : Dimensions

Longueur 4150 mm
Largeur 1450 mm
Hauteur 980 mm
Empattement 2310 mm
Voie avant 1300 mm
Voie arrière 1250 mm
Poids 780 kg

Galerie: Maserati 300S (1955)