Iñaki Rueda nous révèle la mise au point de la stratégie rouge lors du Grand Prix de Turquie.

La semaine dernière, sur le circuit d'Istanbul, la stratégie de course de Ferrari a été la meilleure. Par deux fois, le cheval cabré a dicté les arrêts au stand de ses adversaires en changeant de gommes le premier, ce qui a permis à Charles Leclerc et Sebastian Vettel de gagner de nombreuses positions au classement.

Iñaki Rueda, responsable de la stratégie de course, revient sur ce Grand Prix de Turquie et ses conditions de piste très inhabituelles, dues à un récent resurfaçage du circuit.

"Lorsque nous avons parcouru le circuit à pied, le mercredi, il était clair que la surface était encore huileuse et glissante", se souvient l'Espagnol. "C'était encore plus évident lors des essais libres du vendredi, les temps au tour étant loin de ceux prévus."

Parti en pneus pluie, Leclerc a été le premier homme rappelé au stand, au sixième tour. Une immobilisation précoce causée par l'évacuation rapide des flaques d'eau sur la trajectoire idéale.

"Habituellement, les pneus pluie sont bons pour naviguer sur les flaques mais dès que l'eau stagnante est évacuée de la ligne de course, les pneus intermédiaires seront toujours plus rapides et ils auront une fenêtre de fonctionnement beaucoup plus grande", poursuit Rueda.

"C'est pourquoi Charles [Leclerc] a été le premier à s'arrêter, à la fin du sixième tour, tandis que nous avons attendu deux passages supplémentaires pour arrêter Sebastian [Vettel]."

En fin d'épreuve, le circuit commençait à s'assécher par endroits. La question d'un passage en pneus lisses, pour piste sèche, s'est posée mais elle n'a pas trouvée de réponse favorable au sein de la Scuderia.

"En temps normal, il y a un point de croisement [entre les gommes pour la pluie et pour le sec] qui survient lorsque les intermédiaires commencent à surchauffer et que les pneus secs n'arrivent pas à atteindre la température idéale", explique Rueda.

"Mais ce n'est jamais une décision facile. Si vous passez trop tôt aux slicks, vous risquez de ne jamais les mettre en température. Et si vous le faites trop tard, les intermédiaires se seront usés et donc les temps au tour seront trop lents."

"Personne n'a chaussé de pneus slicks alors que les intermédiaires étaient usés, c'était un scénario très inhabituel", indique le responsable de la stratégie. "Nous pensions que nous passerions les [pneus] tendres tôt ou tard mais une opportunité s'est présentée pour chausser un nouveau jeu d'intermédiaires [sur la voiture de Leclerc] sans perdre de position."

"Cela allait nous coûter environ 20 secondes mais avec le rythme que les nouveaux pneus pourraient lui donner, [Leclerc] allait refaire ce retard en six tours. Nous avons demandé l'avis des pilotes, puis avons décidé que cela valait le coup. Nous étions à nouveau les premiers à faire un arrêt, au trentième tour. Beaucoup d'autres ont emboîté le pas et ça a payé."

Suite à ce nouvel arrêt, Sebastian Vettel termine la course en troisième position. Charles Leclerc aurait pu finir deuxième sans une erreur de pilotage dans les derniers virages. Le Monégasque doit se contenter d'une quatrième position. En inscrivant 27 points à Istanbul, Ferrari a été l'écurie la plus performante du plateau et revient à grands pas sur Renault, cinquième du classement Constructeurs.