Le Français n'a pas connu la gloire au volant de la Ferrari D246.

En ce mardi 16 février 2021, nous fêtons le centième anniversaire de la naissance de Jean Behra. Bien qu'il n'ait jamais remporté un Grand Prix de Formule 1 comptant pour le Championnat du monde, le pilote français était l'une des têtes d'affiche en catégorie reine dans les années 1950, aux côtés de Juan Manuel Fangio, Stirling Moss ou Tony Brooks.

Ancien pilote Gordini et Maserati, Behra a rarement bénéficié d'un "coup de pouce" du destin lui permettant de triompher en F1. En revanche, c'est son coup de volant et son caractère incroyablement combatif qui ont fini par séduire Enzo Ferrari, fin 1958.

Cette saison-là, le Niçois évolue chez BRM à bord d'une monoplace peu compétitive. La Scuderia Ferrari, alors décimée par les décès successifs de Luigi Musso et Peter Collins ainsi que par la retraite surprise de son champion, Mike Hawthorn, fait appel au Français pour venir gonfler ses rangs.

Pour la première fois de sa carrière, Behra bénéficie enfin d'une monoplace capable de se battre pour le titre mondial, au sein d'une équipe compétitive. Et il le prouve avant le coup d'envoi du Championnat du monde 1959 avec une deuxième place aux 12 Heures de Sebring puis une victoire à Aintree, dans une épreuve mêlant Formule 1 et Formule 2.

Sa nouvelle monture, la Ferrari D246, est une excellente monoplace. Cependant, le manque de fiabilité du moteur et son architecture dépassée empêchent le pilote de briller. En tête des débats à Monaco, le moteur de Behra rend l'âme au bout d'une vingtaine de tours. À Zandvoort, c'est ce même six cylindres qui se grippe et le renvoie en cinquième position.

Jean Behra
Jean Behra

Au final, cette Ferrari qui aurait pu coiffer Behra de lauriers s'avère être son bourreau. "Je n'aime pas cette voiture parce que je ne peux pas la placer comme je veux", confie-t-il à Pierre About, journaliste. "Or, je veux pouvoir conduire ma voiture et non pas me laisser conduire par elle."

Cette déclaration est reprise par différentes publications, les propos se déforment et tombent dans l'oreille de Romolo Tavoni, directeur sportif de la Scuderia. Dans les garages du circuit de Reims, l'Italien est persuadé que son pilote se plaint d'une monoplace au châssis tordu. Le ton monte entre les deux hommes et, à la vue de tous, le Français "bouscule" son supérieur. 

Le torchon brûle entre Behra et Ferrari, aucun retour en arrière n'est possible suite à l'incident de Reims. La belle histoire qui était promise au Niçois en rejoignant Maranello n'aura jamais lieu. Le pilote retrouve rapidement un volant, celui d'une Porsche, mais il est victime d'un accident mortel lors de sa première sortie officielle, à Berlin. C'était le samedi 1er août 1959, Jean Behra avait 38 ans.

Jean Behra