Retour sur la première victoire d'Eddie Irvine en Formule 1.

En 1999, Ferrari nourrit de grandes ambitions en Formule 1. Lors des deux dernières saisons, Michael Schumacher a été capable de jouer le titre jusqu'au dernier Grand Prix mais a manqué de réussite tant en 1997 qu'en 1998. En revanche, le Cheval Cabré peine encore à rivaliser avec les écuries Williams puis McLaren dans l'obtention de la couronne des Constructeurs, la faute à un Eddie Irvine trop inconstant.

Justement, cette première manche de la saison 1999 va sourire au pilote nord-irlandais ! Nous sommes le dimanche 7 mars 1999, il y a exactement 22 ans jour pour jour, et Eddie Irvine s'apprête à frapper un grand coup en catégorie reine.

Largement inspirée du châssis F300 de 1998, la Ferrari F399 arbore quelques changements notables, dont un nouvel aileron avant, des pontons redessinés et une sortie d'échappement améliorée. C'est une bonne monoplace, que l'on doit au trio Ross Brawn/Rory Byrne/Aldo Costa, offrant de belles performances mais les fantastiques McLaren-Mercedes conçues par Adrian Newey sont largement au-dessus.

Il fallait s'y attendre, le Grand Prix d'Australie 1999 et un bis repetita de l'édition précédente. Les Flèches d'Argent dominent outrageusement les trois séances d'essais libres ainsi que la séance qualificative. Le samedi après-midi, Schumacher fait office de "meilleur des autres" mais accuse tout de même 1,3 seconde de retard sur la pole position de Mika Häkkinen. Le constat est pire pour Irvine, qui est relégué à près de deux secondes.

Mais si elles sont rapides, les McLaren-Mercedes sont également peu fiables, comme va le prouver la course australienne. À quelques instants du départ, l'écurie britannique subit une première alerte sur la monoplace d'Häkkinen. Par mesure de précaution, le Finlandais va s'élancer avec le mulet.

Eddie Irvine

Pour ne pas arranger la situation, deux procédures de départ sont données sur le circuit de Melbourne. Pourquoi ? Parce que les deux Stewart brûlent de manière simultanée sur la grille ! Puis, c'est au tour d'Häkkinen de semer la zizanie au sein du peloton, lorsque sa monoplace refuse de quitter son emplacement lors du second tour de formation.

Derrière le Finlandais, Schumacher est bloqué et cale, ce qui le pousse à partir depuis le fond de grille. Même chose pour Rubens Barrichello, au volant du mulet de Stewart. Irvine peut se frotter les mains, voilà deux positions de gagnées alors que la course n'a pas encore commencé !

Les feux s'éteignent enfin et les McLaren filent vers l'horizon. Troisième, Irvine perd près de 2 secondes au tour sur les leaders. Or, au Tour 14, la course est relancée de manière dramatique. Tout d'abord, Jacques Villeneuve perd son aileron arrière à haute vitesse et provoque la sortie de la voiture de sécurité. Puis, quelques secondes plus tard, David Coulthard regagne son garage suite à un problème de transmission.

Eddie Irvine
Eddie Irvine

Désormais, Irvine est deuxième et a Häkkinen dans son viseur. Les 17 pilotes encore présents sur la piste s'apprêtent à repartir à l'exception d'Häkkinen ! Le pilote McLaren n'avance plus, son accélérateur dysfonctionne. Très intelligemment, Irvine reste collé au leader sans le doubler avant la ligne de chronométrage, puisque c'est interdit par le règlement. Une fois la lignée coupée, le Nord-Irlandais efface facilement Häkkinen et prend les commandes de la course.

Le Champion du monde en titre doit lui aussi abandonner. Les deux McLaren sont out et une crevaison repousse Schumacher au fond du classement. Avec le champ libre, Irvine contient facilement la Jordan de Heinz-Harald Frentzen et fonce vers sa première victoire en Grand Prix. Au bout de 81 tentatives, le pilote Ferrari rejoint un cercle très fermé !

Le pilote, comme les tifosis, exulte sur le podium. Les McLaren ne sont pas invincibles et même le second pilote de la Scuderia est capable de remporter une course au volant de la F399. De bonne augure pour une troisième couronne de Schumacher ? Au final, ce n'est pas ce pilote Ferrari qui s'est battu pour le titre cette saison-là...

Eddie Irvine