Si certaines questions sont restées en suspens après la présentation d'équipe de la Scuderia Ferrari, il y a deux semaines, il reste désormais peu d'interrogations concernant la saison 2021 de l'écurie italienne.

Le Cheval Cabré vient de présenter sa monoplace, la SF21, et plusieurs conclusions sont à tirer. FerrariChat.fr revient sur 5 points clés de cet évènement.

Ambitions claires

La Scuderia a utilisé les leçons tirées de sa saison 2020 décevante pour en faire une force. L'écurie transalpine s'engage désormais dans un projet à moyen terme afin de retrouver le sommet de la grille de départ en catégorie reine.

Le gel des châssis 2020 et l'entrée en vigueur d'un nouveau Règlement Technique en 2022 font de 2021 une année de transition pour la Scuderia Ferrari. 2021, c'est également un nouveau départ, en témoigne la nouvelle livrée de la voiture. Certes, le rouge mat apparu en 2019 est conservé mais celui-ci cohabite désormais avec le bordeaux historique utilisé par Ferrari lors de ses premières années en Formule 1. S'inspirer du passé pour triompher dans le futur, tel est l'objectif qui a été fixé à Maranello.

Galerie: Ferrari SF21 (2021)

Arrière-train corrigé

Le gel des châssis n'est pas synonyme de copier-coller de 2020, cependant. Comme la majorité de la grille, Ferrari a travaillé durant l'hiver pour apporter quelques améliorations sur sa monoplace. Outre le dessin du plancher, qui a changé car le règlement le demandait, la partie arrière de la SF21 diffère grandement de la SF1000 de 2020 : nouvelle boîte de vitesses, nouvelles suspensions ou encore amélioration du système de refroidissement. 

"L'aérodynamique était l'un des domaines concernés par les changements visant à réduire la capacité à générer une charge verticale, afin de ne pas trop solliciter les pneus", explique Enrico Cardile, responsable châssis. "C'est pourquoi nous nous sommes fixé deux objectifs lorsque nous avons commencé à développer l'aérodynamique de la voiture : récupérer plus d'appui et réduire la traînée."

Au final, ce sont deux jetons de développement qui ont été utilisés par la Scuderia pour modifier la partie arrière. Et une autre nouveauté se cache également sous le capot moteur.

Nouveau moteur

Il s'agit de la plus grande nouveauté apportée par Ferrari cette saison. L'écurie italienne, ainsi que ses clients Alfa Romeo et Haas, bénéficieront d'une toute nouvelle unité de puissance, qui était le point noir de ces trois équipes en 2020.

Épinglée par la FIA sur son moteur en 2019, Ferrari a dû éclaircir des zones grises de la réglementation, ce qui a conduit à un bloc 2020 désastreux. Les ingénieurs sont donc repartis d'une feuille blanche pour concevoir un moteur plus puissant et plus performant. Tous les éléments de l'unité de puissance ont été revus et corrigés. Et une amélioration du carburant fourni par Shell, partenaire historique de l'écurie, se traduirait par un gain d'un dixième de seconde au tour par rapport à l'an passé. Un pas en avant très encourageant.

"Nous avons adopté une approche systématique, avec tous les départements travaillant ensemble pour trouver chaque opportunité d'amélioration", commente Enrico Gualtieri, responsable moteur. "En ce qui concerne le moteur, nous nous sommes concentrés sur l'augmentation de son niveau d'efficacité thermique. Nous poursuivons également le développement du système hybride et de l'électronique, afin de revoir et d'optimiser tous les composants. Tout cela au cours d'une saison où le temps d'essais sur le banc a encore été réduit."

Leclerc continue de s'améliorer

Si l'on ne regarde que les résultats bruts, la campagne 2020 de Charles Leclerc est bien moins meilleure que sa saison 2019. Cependant, le Monégasque a fait preuve d'une grande maturité pour sa deuxième saison en rouge. Auteur de deux podiums en début de saison contre toute attente, Leclerc a régulièrement devancé son ancien équipier, Sebastian Vettel, et a souvent impressionné lors des qualifications.

Comme il l'a indiqué lors de la présentation de la SF21, Leclerc a continué de travailler sur son pilotage durant l'hiver afin d'aider son équipe à remonter la pente.

"[J'ai appris à] être patient", révèle Leclerc. "Avant [la saison 2020], j'étais très impatient, je voulais tout, tout de suite. Mais avec une saison comme celle de l'an passé, où nous avons reculé dans la hiérarchie, nous savions qu'il fallait travailler dur pour remonter au classement. Nous sommes tous restés unis et j'ai appris énormément de choses."

"C'est toujours dans les moments difficiles que l'on apprend le plus. Sur la piste, je me suis amélioré en ce qui concerne la gestion des pneumatiques. Je pense avoir fait des efforts entre 2020 et 2021 et j'espère voir de meilleurs résultats cette saison."

Sainz et Leclerc

Sainz est motivé

Lors de l'annonce de la signature de Carlos Sainz chez Ferrari, avant le début de la saison 2020, le paddock prédisait un avenir radieux pour le pilote espagnol, au volant d'une monoplace compétitive. Cependant, au fil des Grands Prix, il est devenu clair que la tâche de Sainz n'allait pas être aisée : équipe en pleine reconstruction, nouvel équipier performant et solidement installé à Maranello, séances d'essais privés raccourcies...

Mais le défi que représente un volant Ferrari en 2021 ne fait pas peur à l'ancien pilote McLaren. Ayant désormais établi ses quartiers près de l'usine de la firme, Sainz a commencé son intégration et se montre "confiant" concernant les capacités de sa nouvelle équipe cette saison. Si les caractères explosifs de Leclerc et de l'Espagnol pourraient semer le trouble, Sainz affirme que l'heure est au travail d'équipe.

"J'ai toujours une bonne relation avec mes équipiers", indique-t-il. "Et avec Charles [Leclerc], tout est parfait. Nous passons beaucoup de temps ensemble, à Maranello, et nous poussons l'équipe dans une même direction. Et je travaille très dur, je n'ai jamais passé autant de temps avec mon équipier avant la première course ! Et c'est positif pour toute l'écurie, je suis convaincu que ça nous aidera à progresser."

Ferrari SF21