Le 25 avril 2001, il y a vingt ans jour pour jour, Michele Alboreto perdait la vie au volant d'un prototype d'Endurance sur le Lausitzring. Dans les années 1980, l'Italien était l'un des acteurs majeurs de la Formule 1, participant à 194 Grands Prix au total dont 80 pour le compte du Cheval Cabré. 

Alboreto et Ferrari, c'est également 19 podiums, trois victoires et une excellente campagne 1985 conclue à la deuxième place du classement général, derrière Alain Prost. Dans un bel hommage, le vice-président de la firme, Piero Ferrari, a évoqué le pilote milanais dans une conversation avec le site internet de Ferrari.

Michele Alboreto a été le dernier Italien à remporter un Grand Prix de Formule 1 au volant d'une Ferrari. Si vous deviez le résumer en trois mots, quels seraient-ils ?

C'est toujours difficile de résumer quelqu'un en quelques mots, encore plus dans le cas de Michele. Nous avons toujours été de bons amis, même après qu'il ait quitté Ferrari puis la Formule 1. Il était extrêmement poli, absolument dévoué à l'équipe et, surtout, très rationnel dans ses décisions.

Quelle impression a-t-il faite à votre père, Enzo Ferrari, qui a remis un Italien au volant d'une Ferrari plus de dix ans après Arturo Merzario ?

Pendant son passage chez Tyrrell, Michele s'était montré très rapide sur tous les types de circuits et dans toutes les conditions, une caractéristique qui a attiré l'attention de mon père. Il avait donc toutes les qualités requises pour être un pilote de la Scuderia.

Michele Alboreto
Michele Alboreto

Michele a gagné en Belgique dès sa première saison avec Ferrari puis au Canada et en Allemagne en 1985, alors qu'il luttait contre Alain Prost pour le titre. Y a-t-il un épisode de son passage à la Scuderia dont vous vous souvenez particulièrement ?

Pas vraiment un épisode, mais plutôt un regret, celui de ne pas avoir pu lui donner ce dont il avait besoin pour remporter le titre mondial et voir ainsi un Italien devenir Champion du monde avec Ferrari pour la première fois depuis Alberto Ascari. À cette époque, les moteurs turbo atteignaient le sommet de leur évolution en matière de puissance et nous ne maîtrisions pas encore cette technologie. Les problèmes de fiabilité dont nous avons souffert au cours du second semestre de 1985 l'ont empêché de se battre pour le titre.

Alboreto était également sur le podium à Monza en 1988, quelques jours seulement après la mort de votre père. Est-ce un autre bon souvenir de lui ?

Ce Grand Prix d'Italie est l'un des rares où je n'étais pas présent sur la piste avec l'équipe et où je le regardais à la télévision. Dans un moment aussi triste, c'était un merveilleux cadeau de sa part et de celle de Gerhard [Berger] de pouvoir les voir sur les deux premières marches du podium.

Voyez-vous un peu de Michele dans l'un ou l'autre des pilotes actuels de la Scuderia Ferrari ?

Tout comme Michele, Carlos [Sainz] et Charles [Leclerc] ont déjà montré qu'ils peuvent être rapides qu'importe les conditions et le type de circuit. Ils l'ont d'ailleurs prouvé le week-end dernier à Imola ! De plus, leur niveau de performance est très constant, une autre qualité qu'ils partagent avec Alboreto.