Charles Leclerc et Carlos Sainz avaient des stratégies différentes lors du GP d'Espagne.

Le Grand Prix d'Espagne 2021 de Formule 1 était un casse-tête pour les équipes, qui ont dû faire un choix entre plusieurs stratégies de course. La Scuderia Ferrari a mis en place deux stratégies différentes pour ses pilotes : un arrêt pour Charles Leclerc et deux arrêts pour Carlos Sainz.

Sur le circuit de Barcelone, la position en piste est cruciale et il est important pour un pilote de ne pas être dépassé par une voiture au rythme de course plus faible. Ainsi, à l'exception de Kimi Räikkönen, tous les pilotes de la grille se sont élancés avec les pneus tendres pour boucler un premier relais plus rapide.

Ayant pris un bon départ, Charles Leclerc a été en mesure de dépasser Valtteri Bottas par l'extérieur dans le troisième virage et s'est emparé de la troisième position. Cependant, la Scuderia n'a pas souhaité calquer sa stratégie sur celle du pilote Mercedes afin de jouer le podium. La raison ? Selon Iñaki Rueda, responsable de la stratégie de course, la monoplace allemande était bien trop compétitive.

"Nous étions heureux de voir Charles dépasser Bottas dans le premier tour", commente Rueda. "Et il a réussi à rester devant lui. D'un côté, nous étions convaincus que Bottas allait dépasser Charles à un moment ou à un autre mais Charles pilotait très bien et parvenait à le contenir. Nous avons brièvement songé à faire tout notre possible [pour rester troisième] mais le bon sens l'a emporté : pour l'heure, Mercedes a la voiture la plus rapide. Donc nous avons ignoré Bottas pour que Charles puisse faire la course la plus rapide possible afin de battre la Red Bull [de Sergio Pérez]."

Ferrari SF21

Ainsi, Bottas s'est arrêté tôt dans la course, au 24e tour, et Leclerc a étiré son premier relais jusqu'au 38e tour. Le Monégasque comptait plus de 30 secondes d'avance sur Pérez, en lutte avec Daniel Ricciardo pour la cinquième position. Ferrari a donc pu arrêter son pilote de manière "gratuite" puisqu'il n'a perdu aucune position en quittant la voie des stands avec ses nouvelles gommes mediums.

"Nous pensions qu'il était meilleur pour Charles d'avoir une stratégie à un seul arrêt, mais cela a ses risques", poursuit le stratège. "L'un des risques est de faire trop de tours avec un composé, ici il s'agissait des mediums. Parfois, vous avez le luxe de faire un arrêt gratuit : un arrêt qui ne vous coûte aucune position. Au 38e tour, Pérez était à plus de 30 secondes de Charles, nous l'avons donc arrêté pour minimiser le risque de rouler trop longtemps avec les pneus mediums et il n'a perdu aucune position."

Qualifié sixième, Carlos Sainz n'a pas eu la chance de rouler dans un air "propre" durant la première partie du Grand Prix, contrairement à son équipier. Pire, l'Espagnol a perdu deux positions au départ au profit de Ricciardo et Pérez. Il était donc d'autant plus difficile de faire d'une stratégie à deux arrêts un pari gagnant.

"Carlos s'est arrêté au 22e tour", explique Rueda. "Nous avons parié sur un undercut sur l'Alpine d'Esteban Ocon [qui était septième]. Grâce à un excellent travail de notre équipe, Carlos a pu rester devant Ocon [après son arrêt], ce qui lui a donné le champ libre pour une bonne stratégie à deux arrêts."