L'accident de Charles Leclerc aux qualifications du Grand Prix de Monaco a été au centre de l'attention des spectateurs du monde entier. De la fin de la Q3 jusqu'aux derniers instants précédant le départ de la course, les tifosis ont eu leurs yeux rivés sur leur téléphone, tablette et ordinateur, à la recherche de la moindre nouvelle sur l'état de la monoplace du Monégasque.

De son côté, la Scuderia Ferrari a dû agir dans l'urgence. En effet, le régime de parc fermé instauré en Formule 1 a donné peu de temps à l'écurie pour constater l'ampleur des dégâts et réparer ce qui devait l'être avant le départ du Grand Prix.

"En qualifications, nous entrons dans ce que l'on appelle le parc fermé, ce qui signifie que la voiture ne peut plus être touchée pour le reste des qualifications et pour la course", a expliqué Iñaki Rueda, responsable de la stratégie de course. "En cas d'accident en qualifications, vous devez briser le parc fermé pour changer les pièces. Premièrement, nous demandons la permission à la FIA pour inspecter la voiture. Nous avons deux heures et demie pour demander la permission d'inspection et, une fois que les dégâts sont constatés, nous devons demander à changer les pièces."

Dimanche matin, les réparations sur la SF21 se sont poursuivies jusqu'au tour de mise en grille, lorsque Charles Leclerc a été dans l'obligation de quitter son garage pour rejoindre la grille de départ. Cependant, un nouveau problème a été détecté. Deux solutions se sont alors présentées face à la Scuderia, et il a fallu agir rapidement.

"Dimanche matin, nous avons cinq heures pour réparer la voiture avant le départ de la course. Là encore, on ne peut faire que ce que la FIA nous permet de faire. Si nous avons un problème lors [du tour de mise en grille], comme avec Charles, il y a deux options : soit rentrer au garage pour vérifier la voiture, ce qui doit être autorisé par la FIA, soit aller sur la grille pour poursuivre les réparations. Mais si la voiture ne quitte pas le garage 30 minutes avant le départ, elle devra partir depuis la voie des stands."

Charles Leclerc

Undercut et overcut

Compte tenu de son étroitesse, le circuit de Monaco est un lieu où il est particulièrement difficile d'exécuter une manœuvre de dépassement sans s'aider du ponton de son adversaire. Ainsi, on voit un scenario unique se dessiner pendant la course puisque l'overcut est préféré à l'undercut. Le trafic est dense en Principauté et coûte énormément de temps, il est donc préférable de s'arrêter plus tard que ses adversaires, probablement gênés par des retardataires, comme l'a indiqué Rueda.

"[À Monaco], il est impossible de dépasser", a regretté le stratège. "En 2019, il y a eu deux dépassements et je crois qu'il n'y en a eu aucun cette année. Concernant la stratégie, il faut conserver la position en piste à tout prix, donc on peut gérer ses pneus sans être menacé derrière. Le seul moment critique dans la course est cette petite fenêtre pour les arrêts au stand. Si les concurrents qui se sont arrêtés tombent dans du trafic, il y a une maigre chance de les dépasser avec un overcut."

Cependant, l'alternative de l'undercut a été envisagée par la Scuderia lorsque Carlos Sainz s'est rapproché de Valtteri Bottas, en difficulté avec ses gommes. Un arrêt a été planifié au Tour 29, cependant l'arrêt du pilote Mercedes dans ce même tour a poussé le Cheval Cabré à revoir ses plans.

"Pour faire un undercut, vous devez être à moins d'une seconde du pilote devant vous. Nous ne nous sommes pas autant rapprochés de Bottas mais nous avons songé à cette stratégie. Nous avons demandé à Carlos de s'arrêter au 29e tour pour faire [l'undercut] sur Bottas mais il s'est aussi arrêté, alors nous sommes restés en piste."