Tous les moyens sont bons pour préparer au mieux la saison 2022 du Championnat du monde de Formule 1. Cette année marquera l'arrivée d'un nouveau Règlement Technique qui pourrait redistribuer les cartes. En plus de disposer d'une soufflerie de superordinateurs, Ferrari a également fait l'acquisition d'un nouveau simulateur conçu par la firme anglaise Dynisma.

Dans le sport automobile moderne, les simulateurs sont devenus des outils indispensables. Du sommet au fond de la grille, de la Formule E à la Formule 1, ces machines toujours plus réalistes permettent aux pilotes d'aligner les tours d'un circuit sans quitter l'usine.

"Avec la direction et les pédales, le pilote fournit des données au modèle, qui calcule la physique de la voiture", explique Ash Warne, ancien ingénieur de simulation de F1 et fondateur de Dynisma. "Le comportement de la voiture est ensuite transmis au pilote via le générateur de mouvements, il peut alors lui répondre et la boucle recommence, jusqu'à quatre mille fois par seconde."

"Si la boucle a du retard, le pilote ne conduira pas de manière réaliste et les tests ne seront pas bons. Au sujet du survirage, si le générateur retarde de 20 ou 30 millisecondes avant d'indiquer au pilote que l'arrière de la voiture est en train de glisser, le pilote ne pourra pas réagir à temps pour éviter le tête-à-queue."

Warne affirme que ses simulateurs produisent une latence comprise entre trois et cinq millisecondes, contre 20 à 30 ms pour d'autres firmes. Bien que le temps entre l'entrée et la réponse soit - aux yeux de l'homme - minuscule, une trop grande latence peut fausser les données récoltées.

"Il faut être capable de simuler le plus précisément possible ce qui se passe réellement", poursuit-il. "Le pilote et la voiture doivent ne faire qu'un, que ce soit sur la route ou sur simulateur. S'il y a un décalage, vous obtenez un scénario irréaliste."

Usine Ferrari

En F1, les écarts reposent souvent sur des millièmes de seconde. Il est donc essentiel de réduire ce temps de latence pour que les pilotes retrouvent dans un simulateur les sensations qu'ils ressentent sur la piste. En outre, l'augmentation de la bande passante permet de transférer davantage d'informations au pilote, ce qui lui permet de voir un environnement plus détaillé et de sentir plus d'imperfections sur la piste. 

"Nos plateformes ont la capacité de transmettre des quantités plus importantes d'informations", affirme Warne. "Et cela se mesure par la bande passante. Ainsi, certains systèmes ont une bande passante d'environ 20 Hz, alors que les nôtres se situent entre 50 et 100 Hz, en fonction des conditions de fonctionnement."

"Par exemple, nous pouvons diffuser le son du régime moteur directement par le générateur, et vous le ressentez dans le châssis. C'est une expérience très immersive. En plus de cela, il y a d'autres mouvements haute fréquence ; en conduisant lorsque l'ABS est activé, il y a ce tremblement et cela contient comme une onde d'impulsions."

Le nouveau Règlement Technique de la F1 a été conçu pour éliminer la plupart des dérives aérodynamiques et créer des monoplaces offrant un plus grand défi aux pilotes. Il faudra donc fournir un plus grand effort pour les dompter, et le travail de Charles Leclerc et Carlos Sainz sera certainement facilité par le simulateur de Dynisma.

Et même si ce sont les performances sur la piste qui rapportent des points, les performances à l'usine ont une grande influence. Par le passé, Ferrari a déjà connu des revirements spectaculaires au cours d'un week-end de Grand Prix grâce à son simulateur. Donc, le Cheval Cabré pourrait faire de plus grands progrès l'an prochain.