Au printemps 1963, Ford manque de réaliser l'affaire du siècle lors d'une tentative de rachat de Ferrari. Six ans plus tard, Fiat y parvient. Mais ce que très peu de gens savent, c'est que l'histoire du rachat du Cheval Cabré n'est pas aussi directe et comprend d'autres protagonistes, Alfa Romeo et General Motors ayant tenté de s'approprier le joyau italien également.

Un an après l'offre de Ford, le constructeur américain s'engage aux 24 Heures du Mans pour donner une bonne leçon au Commendatore qui domine l'épreuve depuis le début des années 1960. Deux obstacles se dressent devant lui : premièrement, les GT40 sont très véloces ; deuxièmement, le circuit de Monza est fermé pour travaux et Ferrari est dans l'impossibilité de tester ses prototypes.

Dans une situation délicate, le Drake est aidé par Giusappe Luraghi, président d'Alfa Romeo, qui offre à Ferrari la possibilité de tester sur ses terres, à Balocco. Après un nouveau triomphe dans la Sarthe, le Commendatore se rend à Milan pour remercier Luraghi. Cela fait 25 ans que Ferrari n'a pas passé les portes de l'usine et les sensations en ce jour sont si intenses qu'il songe à une collaboration !

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En 1967, Ferrari est à nouveau dans le viseur d'une entreprise américaine : General Motors. Le monde automobile italien, inquiet de la possibilité de perdre cette marque, unit ses forces, Luraghi et Agnelli envisageant la possibilité d'acheter ensemble le Cheval Cabré.

En décembre de la même année, Alfa et Fiat formulent une offre d'achat pour quatre milliards de lires. Ferrari, cependant, place la barre à six milliards et refuse, étant donné les 18 millions de dollars offerts par Ford quelques années auparavant.

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Peu avant Noël 1968, Ferrari rencontre Agnelli seul et les négociations commencent, aboutissant à l'arrivée de Fiat à hauteur de 50% au cours de l'été de l'année suivante. Enzo ne demande qu'une chose : le contrôle total du département sportif. Celui-ci doit rester intact et sous son égide.

Il convient de rappeler que le propre bureau des affaires spéciales de Fiat a déconseillé à Agnelli d'effectuer cet achat, compte tenu du faible retour sur investissement. L'Avocat, cependant, y a prêté peu d'attention et a conclu l'affaire. Le temps lui donnera raison mais ça, c'est une autre histoire...