Qu'est-ce qu'une magnifique Granturismo modénaise à moteur 8 cylindres, comme la Maserati Mexico de 1966, a en commun avec une supercar V12 comme la Lamborghini Countach ? Absolument rien, si ce n'est que le choix du nom des deux modèle est entouré de mystère.

Pour le cas de la voiture du Trident, il existe différentes réponses. Ce qui est certain, c'est qu'il y a un rapport avec l'ancien président du Mexique, Adolfo López Mateos, une 5000 GT personnalisée et Vignale. Certains avancent que le carrossier a produit ledit véhicule pour le chef d'état. D'autres disent que c'est un autre client mexicain qui a acheté la 5000 GT ayant appartenu au président et qui souhaitait installer la carrosserie d'un prototype Vignale, ce qui aurait inspiré Maserati dans la création d'un nouveau modèle.

Maserati Mexico 1966-1972
Maserati Mexico 1966-1972
Maserati Mexico 1966-1972

Qu'importe la véritable raison, Maserati s'est présenté au Salon de Paris 1966 avec une voiture portant le nom de Mexico. C'était un majestueux coupé de 4,75 mètres de long doté de quatre "vraies" places et, pour cette raison même, il ne remplaçait aucun modèle de la gamme. Son châssis était dérivé de celui des 2+2 3500 GT et 5000 GT, en dépit de leurs sièges arrière improvisés, deux modèles remplacés la même année par la Ghibli.

Maserati Mexico 1966-1972
Maserati Mexico 1966-1972
Maserati Mexico 1966-1972

Quant au moteur de la Mexico, Maserati en proposait deux, qui étaient dérivés du puissant V8 de la 450S de compétition. Il était possible de choisir entre un bloc 4,2 litres de 290 ch qui donnait une vitesse de pointe d'environ 240 km/h, et un 4,7 litres de 300 ch allant jusqu'à 255 km/h. Le moteur le plus généreux a été choisi par environ un tiers des quelque 500 clients séduits par la Mexico au cours de ses six années de production.

Maserati Mexico 1966-1972

À l'intérieur, on trouvait cuir, boiseries, vitres électriques et climatisation. Les freins à disque ventilés accompagnés de deux servo-freins étaient plutôt une nécessité compte tenu des performances impressionnantes de la voiture. Le châssis combinait une suspension avant indépendante et un essieu arrière rigide. La direction assistée et la transmission automatique étaient disponibles en option, tout comme la radio.

Maserati Mexico 1966-1972

L'héritière de la Mexico n'arriva pas en 1972, lorsqu'elle fut retirée de la gamme, mais seulement quatre ans plus tard avec l'introduction de la Kyalami, basée sur la De Tomaso Longchamp. Le trou entre les deux modèles fut partiellement comblé par l'Indy, autre modèle à quatre places introduit en 1969 avec une carrosserie fastback très similaire à celle de la Ghibli.

Aujourd'hui, la valeur moyenne d'une Mexico se situe entre 90'000 et 100'000 euros selon le moteur, mais peut atteindre près de 130'000 euros pour les exemplaires les mieux conservés ou restaurés.

Galerie: Maserati Mexico