Produite à 50 exemplaires seulement, la Maserati MC12 a marqué le retour du Trident en compétition automobile. Cependant, certains n'ont pas été convaincu par la supercar italienne. C'est le cas d'Edo Karabegovic, créateur de l'extraordinaire MC12R. Nos confrères de Motor1.com ont pu tester ce modèle il y a 15 ans et croyez-nous, cela vaut encore le détour !

Genèse

600'000 € devraient être suffisant pour s'offrir une tranche de perfection. Surtout lorsque cette beauté a les lignes si particulières de la Maserati MC12, infiniment plus cool que la Ferrari Enzo et capable d'atteindre 330 km/h sans sourciller. Eh bien, vous vous trompez. Ce que vous avez vraiment, c'est un prix exorbitant, rien de plus.

50 exemplaires seulement ont été produits, la plupart d'entre eux se dirigeant directement dans les garages de milliardaires capricieux. "Seules les portières et les vitres étaient correctes - tout le reste, c'était de la merde", lance Edo Karabegovic au moment d'évaluer l'une des supercars les plus désirables au monde !

Maserati MC12R par Edo Performance
Maserati MC12R par Edo Performance
Maserati MC12R par Edo Performance

Le patron de la structure Edo Competition a reçu l'ordre d'un client de transformer sa MC12 en arme absolue, destructrice de chronos. Et l'homme s'y connait : Karabegovic est un ingénieur ayant remporté le Tuner Grand Prix et ayant établi le record du tour sur la Nordschleife, dans la catégorie des voitures homologuées pour la route.

Et lorsqu'on lui a demandé si un journaliste pouvait rouler librement au volant de sa Maserati transformée pendant 100 kilomètres, Karabegovic a simplement levé le pouce en l'air. Monsieur, nous vous sommes redevables.

Côté technique

La MC12 standard est équipée de freins en acier, d'une longue carrosserie, d'un couple démentiel et de gommes Pirelli P Zero. Il y a également un secret que peu de gens connaissent. Bien qu'elle ait emprunté le châssis, le moteur et la boîte de vitesses de la Ferrari Enzo, la Maserati n'a jamais été autorisée à surpasser sa "grande sœur". Ainsi, le régime maximal du V12 6,0 L de 630 ch est fixé à 7700 tr/min, soit 500 révolutions de moins que l'Enzo. 

"Les freins en acier de cette voiture sont absolument ridicules", commente Karabegovic. "Les pneus, les freins, le moteur, tout était horrible." La première mission du préparateur a consisté à persuader une société restée anonyme, craignant des représailles de la part de Maserati, de produire des disques en céramique de 396 mm qui fonctionnent avec les étriers standard réduits à 3 mm.

Galerie: Maserati MC12R

Cependant, un autre problème persiste : les Pirelli ne peuvent pas traduire la puissance du moteur sur le bitume. Du moins, c'était un problème jusqu'à ce que le préparateur mette la main sur les gommes Bridgestone conçues pour l'Enzo ! "C'est sans aucun doute le plus gros changement que j'ai apporté à la voiture", poursuit Karabegovic. "Nous avons mis de nouveaux pneus et tout à coup, elle est devenue beaucoup plus rapide."

L'Allemand a également critiqué les suspensions d'origine. À la place, ses bons amis de K&W ont fourni un système entièrement réglable et, soudain, le sous-virage que les autres journalistes ont rapporté lors du lancement du modèle a disparu...

Un vrai missile !

Cette machine demande une concentration ininterrompue. Parce que je n'étais pas son propriétaire, parce qu'un panneau coûte le même prix qu'une petite sportive, parce qu'elle peut atteindre des vitesses folles et prendre un virage en un clin d'œil. Même à 50% de son potentiel, la MC12R est une vraie arme. Karabegovic a fait une pointe à 289 km/h avant que la police locale, qui connaît bien le personnage, ne lui suggère de ralentir.

Désormais, le pied droit nous amène jusqu'à 8500 tours/minute. Les changements de rapports sont incroyablement doux, et nous le devons au dur labeur des ingénieurs Ferrari et Maserati. Pour la première fois, je suis bien content d'avoir une boîte semi-automatique : impossible de cligner des yeux aussi vite, alors imaginez passer un rapport à cette vitesse...

La MC12R a une puissance d'environ 700 ch et un couple bien supérieur à celui de la MC12 standard, ce qui est suffisant pour abattre le 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes et atteindre la vitesse maximale de 378 km/h. Karabegovic est même convaincu qu'il peut atteindre 400 km/h, enfin si le moteur ne fond pas avant !

Pimp my MC12

Parmi les modifications ayant permis ce gain de puissance significatif, on trouve un piratage du système électronique (permettant d'augmenter le régime maximal), de nouvelles aérations à l'avant ainsi qu'un nouvel échappement. "Lorsque j'ai conduit la voiture pour la première fois, on aurait dit une Nissan Primera", confie son créateur, amateur d'hyperboles. "L'ancien échappement pesait 28 kg, le remplaçant en pesait sept !"

Maserati MC12R par Edo Performance
Maserati MC12R par Edo Performance

Le bruit, enfin le tonnerre, qui s'échappe de la MC12R sort du cadre de la légalité à pleine régime mais son propriétaire ne doit pas être à une contravention près. Certes, c'est un Trident que l'on retrouve sur la grille mais sous le capot se cache le meilleur moteur jamais conçu par Ferrari et le nouvel échappement rend le tout encore meilleur.

Beaucoup de ces supercars sont plus admirées qu'elles ne sont conduites. Et même si la longue carrosserie de la MC12R n'a pas été conçue pour les créneaux mais plutôt pour les virages à grande vitesse, la voiture a parcouru 5000 kilomètres en trois mois ! Preuve que son acquéreur est complètement amoureux de ce modèle hors du commun.

Karabegovic estime pouvoir gagner 150 kg sur le poids total et compte installer un nouvel aileron arrière. La Maserati MC12R va donc accélérer encore plus fort, mieux prendre les virages et s'arrêter plus vite. Est-elle le bourreau de l'Enzo ? Cela ne fait aucun doute !